Dans la restauration et l’hôtellerie, les étudiants étrangers sont nombreux en cuisine, en plonge et en salle. Beaucoup deviennent des piliers de l’équipe. Mais à la fin de leurs études, leur droit de travailler s’arrête avec leur titre étudiant. Pour les garder, il faut anticiper un changement de statut. Voici comment faire, étape par étape.
Pendant les études : une limite de 964 heures par an
Le titre de séjour étudiant permet de travailler à titre accessoire, dans la limite de 964 heures par an, soit environ 60 % d’un temps plein. Aucune autorisation de travail supplémentaire n’est nécessaire, mais l’employeur doit :
vérifier le titre de séjour de l’étudiant auprès de la préfecture avant l’embauche ;
respecter le plafond d’heures sur l’année : un dépassement peut compromettre le renouvellement du titre de l’étudiant.
Après les études : le changement de statut
Pour travailler à temps plein après ses études, l’étudiant doit passer d’un titre « étudiant » à un titre de travail : carte « salarié » ou « travailleur temporaire » selon le contrat, ou parfois carte « talent » pour les profils qualifiés. Cette démarche s’appelle le changement de statut.
L’employeur propose un contrat (souvent un CDI) avec un salaire au moins égal au minimum légal.
Une autorisation de travail est demandée en ligne, sauf cas de dispense.
L’étudiant dépose sa demande de changement de statut, avant l’expiration de son titre étudiant.
Dans la restauration, plusieurs métiers comme cuisinier ou commis figurent sur la liste des métiers en tension dans de nombreuses régions, ce qui simplifie la procédure. En savoir plus sur l’autorisation de travail.
Les erreurs qui coûtent cher
Attendre l’expiration du titre étudiant : le salarié perd son droit de travailler et le restaurant perd un employé formé.
Dépasser les 964 heures pendant les études : le titre étudiant peut ne pas être renouvelé.
Un contrat ou un salaire incohérent avec le poste : c’est un motif fréquent de refus.
Oublier la vérification du titre avant l’embauche : en cas de contrôle, l’employeur est responsable.
Et les salariés déjà en poste sans titre adapté ?
Un cuisinier ou un plongeur qui travaille depuis plusieurs années sans titre adapté peut, sous conditions, être régularisé par le travail, notamment si son métier est en tension dans votre région. La carte « métiers en tension » n’est prévue que jusqu’au 31 décembre 2026, sauf prolongation : voir la régularisation par le travail.
Saison touristique : les saisonniers étrangers
Pour la saison d’été ou d’hiver, la carte « travailleur saisonnier » permet de faire revenir les mêmes salariés jusqu’à six mois par an. Voir notre guide des saisonniers.
Exemple : un commis de cuisine à Bordeaux
Un restaurant bordelais emploie depuis deux ans Mehdi (prénom fictif), étudiant en master, comme commis de cuisine vingt heures par semaine. Son titre étudiant expire en septembre, après sa soutenance. Le chef veut l’embaucher en CDI à temps plein.
Au printemps : le restaurant prépare le contrat et la fiche de poste, avec un salaire conforme à la convention collective.
Dès que possible : la demande d’autorisation de travail est déposée en ligne.
Avant septembre : Mehdi dépose sa demande de changement de statut avec son diplôme ou une attestation de réussite.
Pendant l’instruction : il reçoit un document lui permettant de rester en France ; ses droits au travail sont vérifiés avant tout passage à temps plein.
Résultat : le restaurant garde un salarié formé, et Mehdi obtient un titre « salarié ». Si l’étudiant n’a pas encore d’offre d’emploi à la fin de son master, une carte « recherche d’emploi ou création d’entreprise » peut aussi lui laisser le temps de trouver un poste.
Comment calculer les 964 heures ?
Les 964 heures s’apprécient sur une année. Cela représente en moyenne un peu moins de 20 heures par semaine sur l’année, mais l’étudiant peut travailler davantage certaines semaines, par exemple pendant les vacances, à condition de ne pas dépasser le total annuel. Attention aux étudiants qui cumulent plusieurs employeurs : toutes les heures comptent. Un suivi simple, mois par mois, évite les mauvaises surprises au moment du renouvellement.
Les documents à préparer côté restaurant
Extrait Kbis ou justificatif d’immatriculation de l’entreprise.
Contrat de travail signé et fiche de poste précise.
Justificatifs de la situation de l’entreprise vis-à-vis de ses obligations sociales.
Le cas échéant, éléments montrant la recherche de candidats si le métier n’est pas en tension dans la région.
Cuisinier, serveur, plongeur : tous les métiers ne se valent pas
Selon les régions, certains métiers de la restauration figurent sur la liste des métiers en tension et d’autres non. Pour un poste en tension, l’employeur n’a pas à justifier d’une recherche préalable de candidats. Pour les autres, une offre d’emploi publiée et des démarches de recrutement peuvent être demandées. Il est donc utile de bien qualifier le poste dès le départ.
Questions fréquentes
L’étudiant peut-il travailler pendant l’instruction de son changement de statut ?
Cela dépend de sa situation et des documents délivrés pendant l’instruction. Il faut le vérifier avant toute modification de son temps de travail.
Que se passe-t-il si l’étudiant a dépassé les 964 heures ?
Le dépassement peut compromettre le renouvellement de son titre étudiant ou son changement de statut. Mieux vaut faire le point avant tout dépôt.
Faut-il un CDI pour le changement de statut ?
Un CDI conduit en principe à la carte « salarié », un CDD à la carte « travailleur temporaire ». Les deux sont possibles.
Un restaurant peut-il embaucher un étudiant d’un pays de l’Union européenne ?
Oui, les ressortissants de l’Union européenne n’ont pas besoin de titre de séjour ni d’autorisation de travail pour travailler en France.
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